Mas Du Clos: A Dream Of A Trackday

 

Heart Of Thunder (si je ne m'abuse sur le titre) est une nouvelle bien ficelée qui raconte la descente d'un fleuve africain par un capitaine de frégate sensé y retrouver un vieux gradé qui aurait perdu la boule. Ce roman a inspiré 'Apolypse Now', un film violent qui décrit, entre autre, un voyage initiatique.

 

Le Mas du Clos (ou toute virée ne moto un tant soit peu longue) c'est aussi un peu cela: 30 et qq personnes viennent de tous les coins de France ou de Belgique, ils focalisent sur un but, certains ne partiront même pas, et ceux qui se retrouvent au Mas y amènent leurs expériences, leur bonne ou mauvaise humeur, leurs histoires, et repartent...2 ou 3 jours partagés avec des gens que l'on ne connait pas tj , et durant lesquels de nombreuses aventures vous arrivent...Vous en repartez peut être pas meilleur ou plus mauvais, mais ce genre d'expérience laisse tj des traces...

 

The Making of Mas-Du-Clos commence ainsi: Jean-Yves Labat de Rossi, un producteur de musique sacrée, passait au studio il y a qq mois pour un mastering ...Dès qu'il aperçoit la Ducati, il embraye sur des amis à lui qui possèdent un circuit unique, un machin ils veulent même pas l'homologuer car ils n'en ont pas visiblement pas besoin pour en vivre..

 

Après accord de la Liste, je négocie le prix avec Madame Bardinon, puis cède le relai à Arno qui raffermit la relation et bétonne le 6/8. Fabrice nous met divinement tt cela en page et débauche Franck, qui s'occupe d'un hotel à Aubusson. Tout se présente bien...Et le parcours initiatique (se battre pour arriver à qq chose, changer au fur et à mesure de l'histoire, y arriver et se rendre compte que l'on a appris qq chose sur soi ) commence.

 

Les chutes de nos pilotes, les ennuis mécaniques (guides de soupapes aux abonnés absents, bras oscillant fendu, fouite d'huile, vol de la 888 de geoff et de la Monstro d'Hub, etc..) prend déjà son tribut sur le nombre des ducatistes prévus pour le Mas, et inconsiemment sur leur mood.

Comble de malchance, Arno s'est planté au Vigeant, il a mal, il marche avec des béquilles, et je commence surement à l'ennuyer en essayant de la persuader au téléphone de venir. Il ne roule même plus avec sa 900ssie: trop mal..

 

Geoff sur ma T3, Tamara sur sa M750 et myself sur la SL, nous sommes enfin sur la route de paris. Près de Mons, Tamara embarque dans un tankslapping de la mort sur 20 mêtres. je la suivais et je pensais: 'she's going down, she's going down'...Vu de derrière c'était affolant: la Monstro avait le guidon qui passait violemment de gauche à droite, l'arrière de la moto sautait dans tous les sens...Routes belges, hein ? :(

 

Arrivés à paris, nous attendons Arno. il arrivera vers 20h30, il a mal, il a pas envie de rouler...Mais finalement nous nous dirigeons vers Orléans pour raccourcir le trajet du lendemain. La pluie nous accueille vite, on est trempés, arno en a ras le bol...Je le vois serrer les dents, mais il continue malgré que sa main droite est très douloureuse...

 

Nous passons la nuit dans un F1. Plus jamais. Vous pouvez dire ce que vous voulez sur ces hotels, mais grâce doit être rendue à leur fournisseur de double, voire triple, vitrages...Malheureusement il faisait trop chaud et la fenêtre se devait d'être ouverte. J'ai passé la nuit dans la cabine des camionneurs qui enclanchaient leur 17eme rapport de vitesse dans la côte longeant le F1...Le vrombissement des Scanias n'a plus de secret pour moi, et je reconnais maintenant un turbo de DAF 500Cv à 3 kms...

 

Mercredi matin, il est temps pour Arno et moi de rouler vers Aubusson. Il reste +/- 250 bornes et nous y sommes attendus. Geoff et Tamara décident d'y aller mollo via des petires routes alors qu'Arno et moi prendrons l'autoroute pour faire des miles et arriver à temps. il fait beau, frais, un temps idéal pour rouler. Nous nous avalons la route à 150/160...parfait, enfin disons que je le pensais. Arno a encore mal, c'est tt juste s'il veut venir.

 

Fuel time: Arno n'en peut plus. il veut rentrer sur Paris, il n'a aucun plaisir à rouler, et de plus sa main lui fait mal...Je lui sort mes histoires d'ancien combattant: la chute dans la neige en route vers le WDW, le plaisir qu'il aura au Mas en voyant toutes ces personnes se faisant du bien grâce à son organisation du trackday...Je vois bien qu'il n'est plus possible de le convaincre., et nous commençons la 'passation des pouvoirs' : je note la liste des arrhes, on fait le point sur le Mas.

 

Puis son mobile sonne: c'est un gars qui descend avec une Guzze et une 888SP... Le sourire revient: Arno reprend courage et nous repartons...Heart Of Thunder !

 

Donc, en combardes, sales de 250 bornes, nous débarquons au château des Bardinon. Finalement tout s'arrange , le légér malaise de l'avant-veille n'est même pas évoqué. Nous montons au circuit, Jean-Yves nous en fait faire un tour sur la piste détrempée dans sa vieille Mini Morris. C'est affreux et j'angoisse comme un fou (cela est dû à un crash en bagnole étant plus jeune) dans ces cas là on dit tj que le film de votre vie se déroule devant vos yeux à toute vitesse. mais pour moi je ne vois jamais le film, y a que les bandes de lancement ;))

 

Après avoir fait quelques tours de la piste sur nos brêles, nous retournons à Aubusson: il y a déjà qq listeux avec qui nous nous attablons. Derrière nous les gars du moto clubs local: 'MC les Fondus'. Effectivement, il y en a un qui fait un burn devant la terrasse et nous sommes tous très très génés...

 

Le soir, le MC 'Les Fondus' nous avaient concoctés un repas froid. très sympa de leur part ! Un gars s'approche de moi, l'air totalement allumé. Il se présente :

- Polo, GSXR, 135 CV !

(je le regarde ébahi et sous le coup de l'émotion je réponds..)

-Jihem, 12 cm...

 

Le gars il entrave rien. j'ai l'impression d'être dans un mauvais film sur les banlieues...Un type du MC s'approche et on discute combarde et sliders. Il me demande ce qui est important comme sliders. je pense que Loup d'O lui parle des knee et elbows sliders. j'ajoute, très sérieux,: " - moi, j'ai pas de sliders, juste une coquille..." le mec: "ah ? et c'est valable aussi ?"

 

:)))

 

je rigole, je rigole, mais c'était très sympa de leur part de nous préparer tt cela. C'est grâce à eux que j'ai pu découvrir les rillettes. Moi, j'appelle cela du saindoux pour la TV couleur...Bon, vous bouffez ce que vous voulez, hein ! ;))

 

Afin de réduire les frais, nous décidons de partager les chambres. J'occuperai le grand lit avec Pierre Col. Super: ma première nuit avec un directeur du marketing! :))

 

 

Enfin le trackday....enfin presque car il a commencé à pleuvoir vers 07h00 et la piste est détrempée...nous montons au circuit, et faisons la visite du Musée...Si l'un d'entre nous avait la même collection en Dinky Toys, on dirait de lui qu'il est frappé. Eux, c'est en vrai...C'est beau, c'est impressionnant, c'est grand, c'est...un solide paquet de pognon..

 

Enfin le trackday commence. je ne m'épancherai pas plus sur les performances des uns que sur ma propre contre-performance. Pour simplifier disons que :

 

y avait un gars de la poste qui essayait de rattraper Kali, probablement un télégramme de Foggy qqui devait dire : "you breakka my record, I toucha ya face" ;)

y avait aussi Sam et sa très véloce 600, Cyril qui faisait des signes aux spectateurs en faisant l'intérieur à pas mal de monde, Lud et Bonnie qui avionnaient sérieux, et tant d'autres...Mon embrayoir montra vite encore plus de faiblesse que moi, mais Lud et manu prirent sur eux de lui faire la purge du siècle...Nath' qui enroule vraiment pas mal, Pierre qui assure plus qu'honorablement..bref tous tournent et Arno est heureux d'être là !

 

Tt cela dans une ambiance extraordinaire, sur un circuit extraordinaire. Fallait voir la tête de tous qd Kali ouvrait la 926....

 

un rêve. réalisé. une grande partie des Listeux sur un circuit.

 

mais sans Kem :(

 

Au chapitre des futurs ducatistes, nous pouvons ajouter sans peur Nico TRX. il a démontré plus que suffisamment qu'il avait assez de mauvaise foi: après avoir regardé ses trajectoires pendant plusieurs tours (lire: après m'être fait 150 frayeurs pour essayer de le passer) j'arrivais enfin à le larguer (lire: je l'ai passé ce con: j'suis l'meilleur, j'suis l'meilleur). puis je me mis en cruise control qq tours avant qu'il ne me repassa (lire: ce salaud s'était mis en aspi..) Juste avant que je ne lui refis la Loi du SL, il rentrait au stand. Pour y lire les données d'acquisition surement, hein ? ;)))

 

Non, je suis lent, je me hais, je me suis fait enfumer par tout le monde, mais je le fais...with style ! ;))))

 

la pluie vint cesser ces ébats...je négocie avec les bardinon (via JY) un bonus pour le samedi matin (c'était une des premières questions posées à mémé ; que se passe t il s'il pleut ?) et back to the hotel...

 

Que dire du samedi, sauf que le temps était idéal...La cerise sur le gâteau, une ambiance très pro, pas mal d'échanges de breles, bref parfait.

 

en partant du circuit, les gens à bardinon nous félicitent: ils ne s'attendaient pas à autant de calme, sérieux et soin pour leur circuit...Ils nous veulent l'année prochaine...

 

Jean-Yves nous invite à un drink dans son prieuré du 14eme siècle....

 

Puis Pierre et moi rentrons vers Lyon via Clermont et pleins de routes merveilleuses. je sui décidé à déménager: si vous entendez parler d'un job pour moi faites suivre perso !

 

Qd je pense que si je veux ici une petite route qui tourne je dois faire minimum 60 bornes.Par là, cela doit être assez dur d'en trouver des droites de routes...

 

Et Lyon est une belle, grande ville. Pierre et moi dinons dans un petit resto 'La souris verte'. Nous y refaisons le monde du multimédia, celui du disque et des artistes, celui du qualitatif versus le quantitatif...Ce qui est sur c'est que toutes les solutions aux pb évoqués passent indubitablement par la liberation du Tibet ;))

 

dimanche, petite virée chez Francesco. encore des routes sympas. Y en a marre :)

 

lundi, je me fais un petit meeting boulot chez mes copines d'Infogrames...Puis je décide de couper court à mes projets de passer par les Vosges vu que la météo semble se dégrader. Je décide de quitter Lyon vers 12h30. autoroute jusqu'à Dijon pour faire des miles.

 

Ensuite, vers Dijon, je prends la ....D 996 :)

J'enroule à l'aise car c'est plutôt G 850 qu'elle devrait s'appeller: cela tourne bcp, mais c'est fort bosselé et la SL n'apprécie pas trop d'y enquiller plus de 120 kmh...C'est plutôt une route à Guzzi: des virages aisés, pas trop viciuex mais dont le revêtment empêche d'astiquer la poignée. Au-dessus de moi il y a un Mirage qui s'entraïne...pour un peu je me saurais cru dans Top Gun....;)

 

Mais ces petites routes bosselées prennent bcp de temps, encore plus d'énergie et je veux battre de vitesse les nuages qui s'approchent: je décide de remonter sur l'autoroute et de me taper jusqu'à Reims afin de remonter en Belgique via Charlesville Mezière

 

Heart Of Thunder !

 

Manque de bol: près de Reims un immanse nuage noir me tombe dessus...La pluie, je connais..mais j'aime pas trop les vents de 100 kmh et + qui tirent la SL sur le côté. je stoppe, de plein gré, mais de toute façon ce n'était même plus envisageable de rouler. je trouve une entrée de service et pointe le museau de la SL vers le vent. Kem, je pensais à toi et à tous les marins...la seule manière de résister à ce vent et aux bourrasques qui auraient pu aisément jeter la SL à terre était de m'appuyer de tout mon poids sur la moto. Dans ces conditions là, pas le temps d'enfiler la combi pluie. De toute façon, la puissance du cataclysme était telle que je me retouva totalement trempé en 1 minute. Mes bottes sont d'habitude extrèmement bonnes sous la pluie: 2 minutes plus tard elle s'inclinérent...Ce qui m'a sidéré n'est pas la force de l'averse orageuse, mais sa durée: 15 minutes de ce traitement...

 

Lorsque l'ouragan partit pour essayer sa fureur sur d'autres mortels, je n'étais plus du tout sec: mes bottes, mes gants, mon cuir, tous mes vêtements étaient entièrement mouillés...je gagna Reims à 90 kmh, un genou en équerre pour contrer le vent..A un moment, vision étrange: les refractions de mon phare donnaient naissance à une arc en ciel qui pointait sur le sol, sur ma droite. je me senti un moment comme Dorothy dans 'The Wizard of Oz' et je rigolais tt seul et criant dans mon casque 'There's no place like home, there's no place like home...'

 

je hais la pluie. Cela transforme une virée motarde en cauchemar potentiel...

 

Je sors vers Charleville-Mezières. plus qu'un gros 170 bornes et je serai à Bxl...

 

Après le péage, je remarque que mon voyant de pression d'huile clignote, puis se fige ! Je descends de la brêle, ajoute de l'ouile et relance le moteur. Rien à faire, le voyant est tj allumé. Je plonge sous la moto, couché sur le côté de la route, en cherchant une fuite, une trace d'huile sur le carter... rien...Trois motards passent, trois HD. Ils ne font pas signe, ne s'arrêtent pas. J'imagine qu'ils pensaient que tout allait bien et que je fumais une clope, couché sous la moto ?...

 

Je décide de ruser avec le voyant et sêche le manocontact (encore lui...). Au bout de qq minutes, la lumerolle disparait enfin: il ne s'agissait donc que d'un faux contact. Je rattrape les 3 HD, furieux que des soi-disants motards n'aient même pas daignés voir ce que leur 'frêre motard' avait comme pb..

Comble: ils me font le 'V' que tant de motards se font... Je leur montre les doigts, dans l'autre sens: 'Go and Fuck yourself, brother ! '. Ce signe des deux doigts en forme de V c'est quoi pour eux ?

 

* fallait jouer le deux dans la 4ième

* j'ai des photos de Monica les jambes en l'air , t'en veux ?

* mon grand pêre connaissait personellement Winston Churchill

 

j'ai pas de pb avec les HD, d'ailleurs j'ai surement qq part un ami noir, juif, homosexuel et gaucher qui roule en HD ;) mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ma définition de la moto et de l'amitié entre motards, du brotherhood, de l'aide que l'on apporte quand une bécane est en rade à 20h00 sur une petite route trempée, n'etait surement pas la même que celle de ces trois touristes qui se payent des émotions fortes 1 semaine par an en allant s'encanailler aux Free Wheels.

 

(Olive: no bad feelings...)

 

bref, je râlais, mais j'ai pas insisté: la perspective de me voir ratiboiser la gueule par trois HD immatriculés en Hollande ne me plaisait pas trop...

 

Brefle, après neuf heures de route, je suis enfin à Bxl...Je suis à peine arrivé qu'un orage qui durera tte la nuit éclate sur vers chez moi... :)

 

* * * *

En résumé ? Une expérience extraordinaire, un circuit de rêve (mais frustrant pour certains car trop dangereux), des rencontres fascinantes (faire 800 bornes pour se faire purger l'embrayage par un toulousaing hyprasympa qui parle flamand c'est 1 chance sur combien de millions à votre avis ? ), retrouver Lud, Odile et Kali, avoir vu Arno s'amuser comme un fou avec le drapeau de commissaire de piste, et rencontrer tous ces listeux avec qui nous partageons pas mal de temps via écran, c'est très....formidable ! :)...

 

vivement l''année prochaine, et je m'en fous que cela soit central ou non.... :) Hearth Of Thunder !

 

jihem:)

 

PoStérieur : la selle de la SL est un veritable instrument SM...après ces quelques 700 bornes j'aurai pu jurer que tout cela n'était qu'un rêve, et que dans la réalité j'avais probablement passé la nuit dans un bar de SF.. ;)

 

merci tout particulièrement à Arno et à Fab qui firent ce MDC beyond the call of duty !