Jeudi midi, le soleil darde sur Toulouse et je file chercher mon SS pour ne
pas perdre une minute, l'heure du départ venue vers 16h30, 17h au plus tard.
Ludo, un moment indécis, s'étant décidé à partir seul avant midi par les routes
buissonnières, nous avions convenu que je l'appelle avant de prendre la "grande"
route, des fois qu'on puisse se rejoindre quelque part avant Aubusson. Les
minutes s'égrènent infiniment quand, vers 14h30, on me passe une communication,
c'est Ludo..
"Où t'es Ludo, là ?". "Dans mon garage...".
L'aminche a paumé ses clés mais se dépanne comme un chef et nous nous
retrouvons rapido pour enquiller l'autostrada jusque Brives où nous pourrons
nous la jouer cool sur le dernier tiers de départementales. 100 bornes plus
loin, pit stop pour refueler. Fait chaud, mais à 180 c'est supportable.
J'entends un grand "MERDE !" en ouvrant mon bidon et tourne la tête vers Ludo
qui me montre son bouchon de réservoir. Ben ouais, sans clé, c'est "complicat
acquo"... Trop short en cox pour rentrer, toutes les suggestions possibles pour
le refill du 916 y passent mais c'est clair que bon, va falloir l'ouvrir par le
bouchon. Ludo y perd sans doute quelques litres de sueur dans l'opération mais
y arrive, un vrai Mouloude ce Muldo...
On laisse la nace à Brives et on enroule sur les départementales. I'm just getting high, et ça va pas descendre avant samedi... La Creuse, sous le soleil, c'est carrément beau, sauvage. Débarquement à Aubusson sur route humide à mon grand étonnement, une tripotée de ducatistes est là, à papoter tranquillou. Ça fait plaisir de revoir les connu(e)s et de rencontrer les inconnu(e)s. Manque le Kemteuleu, petit pincement au coeur quand même. Petite aigreur aussi pour ceux qui n'ont pas plus pu venir... Je casse la gueule à quelques pastagas, quelques charcutailles (en me faisant un brin charcuter par notre Nath à nous qu'on a), je picole un brin mais j'm'en tape, j'ai annoncé que je tournais pas moye, accompagnateur que j'suis, je commence sans préambule. Nuit, ronque fils, demain il fera jour...
Vendredi réveil orageux. J'y crois pas trop. On groupe quand même le circouit sous la flotte et là : flash... Le Mas du Clos... J'ai connu des mas un tantisoit plus malingres ! Rien que la casbah, déjà, tu comprends un peu le niveau de la feuille d'impôts fonciers. Elle est pourtant un peu perdute au bord de la propriété. Tu vois l'tableau. Jean-Yves, par qui il nous aura été possible de poser nos roues sur ce bitume, nous accueille. Cool ! Tu le crois pas vraiment quand on descend au stand par le circouit, tu roules pas vraiment, tu planes. L'endroit est beau, c'est un euphémisme. La piste noire nickel, large et bordée de lignes blanches. L'herbe grasse ensuite, les arbres en boqueteaux. Un décor de rêve. Pince moi donc ! Un tracteur tirant un gros balais rotatif passe nettoyer la piste encore humide. Les p'tits plats dans les grands, quoi.
Un gazier du cru nous coache pour aller visiter
la collection privée du maître des lieux. Un peu comme pour le musée de
l'excellent Sammy
Miller en GB, tu débarques dans le corps
de ferme et ça paye pas trop de mine, juste une top restauration des bâtiments.
Tu vois qu'il y a
quelques éconocroques passées là-dedans,
t'as pas la moindre idée du trésor que ces bâtisses recèlent. Quand la porte
s'ouvre au son d'un
péremptoire "pas de cigarettes, pas de photos",
tu commences à te douter qu'il doit y avoir des trucs pas ordinaires. Si ça
avait été
avec une connotation sexuelle (mettons qu'on
y trouve les plus belles lulus du moment), je t'assures que j'aurais déjà eu la
gaule. Mais
c'est de ferraille qu'il s'agit, ça me fait
pas le même effet.
Dommage...
Tu pénètres nonobstant dans l'antre et t'en
prend plein la gueule que tu comprends pas tout de suite c'qui s'passe. Faut
dire qu'il y a
absolument de quoi te larguer. Je crois
que l'amateur a 42 Ferrari, certaines pratiquement uniques. On s'entend dire et
redire qu'elles
sont toutes tournantes, ben y'a qu'à, mmh
? :o)))) C'est difficile de décrire la débauche qui règne dans ce boui-boui.
C'est trop,
simplement trop. Tout y est beau, rien de
clinquant. Pas vraiment d'esbroufe, de matuvuhisme du richard parvenu. Bien sûr,
tu vois qu'il
a fallu casser quelques petits cochons en
manteau de vison (le proprio aurait fait fortune dans la charcuterie et la
fourrure, va comprendre
!). Enfin, tu mangerais par terre comme
au plafond. Là encore, j'ai connu des musées (manière de parler) plus ronflants.
Juste qu'à
l'occasion je verrais bien quelques unes
de ces caisses sur le circuit, un jour...
On sort de là tout ébouriffés et sous le
soleil exactement. Dans le pâté, on retourne aux stands. Je prends la portion
sinueuse et me
convainc que c'est définitivement impossible
d'y passer vite. Non, j'ai pas la tête dans le slip, c'est juste que ça
tournicote sec, bien
qu'encore un poil humide.
Alleï ! Les voilà qui z'y vont. Je me barde
de deux gros Nikons et, après les recommandations de la professionnelle qui
couvrira peut-être
l'événement pour MJ, aka Nath, je commence
à tirer les filles. Ben ouais, un article sur le Mas du Clos écrit par une fille
(et quelle fille !), il y faut des photos de... filles. :o}}}}} Et, moi tu
m'connais pas encore peut-être, mais faut pas me prier sur le registre. J'arrive
peut-être à choper quelques bécanes qui passent par là, j'en suis moins sûr
entre nous. On m'appelle pour une purge de frein, j'y cours ! Je reprends les
appareils, j'alterne. Jihem rentre sans embrayoire. C'est marrant mais, j'ai
comme l'impression de m'en être fait une spécialité ces derniers temps. Lud et
moi, on s'y colle (et pourtant il ne colle pas, c'est même l'inverse, il décolle
plus, pas Lud hein ?). Et vas y qu'on t'purge l'embrayoire, encore et encore.
Bon, quelque part, on aurait pu y passer tout le bidon de DOT mais j'ai craqué
avant. Personne ne s'en plaindra, du reste.
Ça tourne bien sur la piste, c'est beau de
voir ça.
C'est beau ! J'te dis...
Ça ronfle, l'ami. Moi, j'accorde la palme
du plus beau bruit au Mostro de Fabrice. Tiens, j'ai cru qu'un Spit' se posait
sur la ligne droite
à un moment... Ah ça, on voit ceux qui ont
quelques notions de piste ! ;o)))) Quand Kali attaque le droit en bout de ligne,
c'est un joli
moment. Faudrait que j'aille voir ça à d'autre
points du circouit...
Mais bon, v'là déjà l'heure de casser la
graine. Alors on casse.
D'aucun en profite pour me taquiner, "alors
manu, t'y vas pas ? Mais vas-y quoi...". J'ai vu Kali faire l'école juste avant
la pause eud'midi, j'suis tenté par ça, sur eul'coup. Bon j'irai si Kali nous la
refait. Je n'suis pas l'seul à en vouloir du Kali, et il est ok, alors ça
baigne. Juste il me faut un cuir, ça le fera, Nath me prête le sien. C'est y pas
beau tout ça ? :o)))
Kali emmène Jean-Yves (remember ?) faire
quelques tours que je serais pas monté avec lui en suivant, les traces de
freinages, tout ça, tu
suis ? :o}}}}}
Bref, on bouille sous le soleil de plomb
et en avant la musique !
Pour ainsi dire, c'est bien la première
fois que je fous les roues d'une moto à moi sur une piste. Pas que ça me dérange
dans le
principe, note bien. Juste que c'est un
peu l'inconnue et que mon larfeuille ne me permet pas d'excès, passagèrement
(hope so !)...
Alors, je me dis, chauffe pas trop du bulbe
garçon, essaie d'être propre dans ton benne (faudra que je me déssape devant une
jolie fille
dans moins d'une demi heure !), si tu suis
les deux qui sont devant t'es un as. Tout ça, c'est dans le petit bout de ligne
droite qui monte les rapports juste qu'au premier droite. Y'a des cônes pour
indiquer les trajes. Un vert à l'extérieur, un blanc à l'intérieur. Je file
peinard vers le vert et je balance calmos vers le... mais où qu'il est l'autre
!???? :o)))))
Euhhh Kali ? Ou qu'est Kali ? Pas devant
en tout cas....
Ok, on finit par y arriver, j'essaie de
ne pas oublier que le cône est planqué pire qu'un barbeuke de pandore, pour la
prochaine fois. Ouais
mais après ce cône, t'y vois à peu près
que'd d'où qu'elle va cette putain de piste. Bon, tout baigne ça descend presque
tout droit. Je me
fais illico déposer par des ducatis, dis
donc ! :o))) Bien ! On va rester calmos, y'a un endroit où ça tournicote pire
qu'en montagne, faudrait y arriver quand même... Et Kali, il devait pas être là,
devant ?
Je me dis : "si ça se trouve, y'en a un
qui me connaît et qui me suit en se marrant...". J'ai toujours aimé faire rire
les potes, faut pas perdre une occasion en or comme celle-là...
Concentration ! On passe à côté de la cabane
du gardien : un chalet grand comme ça avec du linge au balcon, ça fait désordre,
mais un brin
rital, enfin dans les dolomites on doit
voir ça. Pif à droite, là c'est facile, paf à gauche the fingers in the noze.
Whooooops ! tout à
droite, je serre les fesses, on arrive dans
le sinouilleux ! Je suis à l'arrêt. Personne m'a encore doublé, te retourne pas
fils, Arno a dit
qu'il *FAUT PAS* se retourner. A mon tour
de lâcher quelques hectolitres de sueur... Je me bats avec tout. Si il n'y avait
que la bécane !... Putain, l'appréhension que l'avant parte, que je ripe et que
mon compte en banque chute... T'as pas vraiment peur quand t'es rookie comme
moi, tu flippes, juste. Hop, on sort du tournicoti, tournicoton, p'tite ligne
droite ombragée et Rhaaaaa à droite en descente. Banzaï ! Ah mais on est déjà
sur la ligne droite après ce gauche ? Je fonce vers le cône intère et badaboum,
la cavalerie ! Je monte les rapports, passe la six au niveau des stands (pourvu
que les filles me reconnaissent !) et... coupe beaucoup beaucoup trop
tôt...
Je m'arrêterai presque, dis. Rhhoooooo, garçon,
faut encore faire au moins un lap. :o))) Alors j'y rejoue encore un coup pour
voir et ça va
mieux, faut être honnête. Tout cool (to
be true !). Je repasse devant les stands bien mieux, juste que j'oublie un peu
que ça tourne velu là
haut et j'y risque une bonne caisse dans
mon slip mais tout va bien.
Plus tard un CBR, me passe là. Boarf...
j'sais d'où ça vient ;o).
Quand même, à un moment je repère derrière
moi chocho himself et je suis rassuré. Pas tout seul dans ce bon plan, j'aurai
des choses à
raconter avec lui. :o)
Et Kali ? Ben, juste au début du sinueux,
à un moment je suis concentré comme du Nestlé pour tout balancer à gauche, je
vois une fusée rentrer dans mon champ de vision complètement à l'intère,
enrouler comme scotché par terre l'épingle puis renvoyer du pâté vers le virage
suivant. J'ai le temps de voir encore une fois une traje pas piquée des vers
et... il a disparu ! :o)))))
Bon, faut dire que je crois pas qu'il faisait
école encore à c't'heure !
Tu fatigues un peu vite, t'sais. Alors je
fais signe à mon chocho de passer et deux tours après je rentre. Je dégouline.
J'ai la banane, je viens de me prendre un bon panard, et accessoirement un virus
qu'on pourrait croire inoffensif...
Je refile sa combarde à Nath, des nuages
s'annoncent, autant qu'elle profite.
Tu vois, je pourrais très bien aller me
coucher. :o))))))
Une bonne sieste, crapuleuse aurait encore
été possible mais sans les arrêts de jeu alors, mais j'avais pas porté mon
4h....
Cyril, venu avec son SSie et son CR supermotard
m'embauche pour retourner au charbon. Moi, je crache pas dans la soupe deux
temps, au
contraire j'aime ça. J'y go donc. C'est
marrant en SS, c'est presque hilarant là dessus. Dans le sinueux tu peux
littéralement tourner autour des autres. Bon, si tu t'appliques, tu passes vite,
sûrement. Mais c'est tellement joueur que c'la vaut-il vraiment la peine
de
réfléchir ? Mais voilà un grain et tout
le monde se jette à l'intérieur. 1/2 h plus tard, on sait que ce sera tout pour
aujourd'hui. Y'aura pas de r'mettez nous ça patron. On glande, on plie, on
s'douche, on apérote, on clape, on s'couche, dodo. Mañana sera un autre
jour.
Samedi matin, beau temps, piste humide par
endroit, tout le monde se prépare pour tourner, je décolle à ce moment,
direction Pau. Inutile
de se faire du mal. 7 heures de petites
routes tranquilles jaunes et blanches, sous les nuages et le soleil.
Aucun lézard du week end. La perfection
faite bécane.
Alors, merci, merci et encore merci à tous
et plus particulièrement à ceux qui on rendu cet événement exceptionnel
possible, l'ont mené à
bien et m'ont aussi permis de faire quelques
tours, ils se reconnaîtront. ;o)
Merci les filles.
--
manu