Bon sang, mais par où je commence, il faut que j'aille recupérer les roues de 18 à 20 kilometres de là sur le 500 de mon frère, que je monte la fourche inversée avec les tés d'origine qui ne me permettent pas de faire passer le gros disque de 300 mm, les tés usinés dans la masse sont vrillés et présentent des fissures au niveau des fixations de garde boue, il faut également que je retrouve l'amorto raccourci, un maître-cylindre de frein avant, modif sur le carbu et pipe d'admission et le plus important mais aussi le plus long, le montage de l'étrier avant sur la fourche. Mon regard croise alors celui de Sylvie qui semble se répéter sans discontinuer " Mais qu'allait il faire dans cette galère ..."
Au bout de 2 jours acharnés de boulot, la moto esquisse les prémices d'un monobike, le levier de frein avant vient régulièrement en butée sur la poignée de gaz, rien ne ressemble à ce que je voulais, impossible de demonter les pneus qui sont collés sur les jantes et à 2 heures du mat', je vais chercher un repos bien mérité.
Le jeudi, le jour du trajet vers le Mas du Clos, me réserve encore son lot de
tracas, je rentre sur Paris où je dois retrouvé Nath et son CB, passer chez
Christian pour qu'il me change les pneus .....
Un fois sur Paris je m'aperçois que Nath a pris la poudre d'escampette et me
voilà donc avec une place de libre sur la remorque, alors mon sang ne fait qu'un
tour et je décide de remonter l'embrayoire de la Ducate. La principale raison à
ça est que j'ai terminé la petit 250 sur le tard et je n'ai pas eu l'occasion
de l'essayer, je suis particulierement inquiet sur son fonctionnement et je me
dis qu'il est plus raisonnable et sûr d'emmener egalement la Ducate.
Sylvie doit aller faire des courses et elle me dépose devant le garage de la
Ducate et c'est en regardant la voiture s'éloigner que je m'apercois que le
maître-cylindre d'embrayoire est resté dans l'appartement et que mes clés sont
dans la voiture, j'en serai donc quitte pour une séance de bronzage d'une heure
et demie à la terrasse d'un café :-))))
17 heures, il est est temps que je m'y remette et après pas mal de soucis la Ducate est opérationnelle, sauf qu'elle ne démarre plus, vu que ça fait 3 mois qu'elle est au garage et je suis bon comme la romaine pour une séance de poussette.
19 heures 30 tout est chargé, la Ducate, le CR, le mac pour Manu, les polys de Lulu, sauf que j'ai perdu les clés de de la belle italienne :-((, je prends le double, on prends la route ou plutôt les bouchons et sur le coup de 20h 30, on finit par sortir de Paris :-)))
Une fois a Aubusson sur le coup d'1 heure du mat', on passera encore un petit moment eveillé à trouver une chambre d'hôtel vide :-)))
Autant vous dire que je n'ai pas fait comme Barry Sheene ce soir-là qui se
vantait de faire ses meilleures courses apres une partie de jambes en l'air, à
peine dans le lit, j'ai ronflé d'un sommeil profond :-))
Au petit matin, il pleut des cordes et personne n'est trop pressé, ça fait
plaisir de revoir tout le monde, ça donne aussi l'occasion de voir des
spectacles sortant de l'ordinaire, T88 changant son embrayage de 888 sur la
terrasse de l'hôtel (du travail de manufacture à n'en pas douter) et je ne peux
m'empecher de lui proposer l'outil qui me parait le plus approprié pour sa
moto, c'est a dire un briquet :-))))
Pendant que la pluit s'estompe et que la piste seche, on se rend sur le circuit
et on visite le musée Ferrari, magnifique, il y a des voitures, des moteurs tout
un tas de documents , maquettes ... à l'effigie Ferrari, il y a toujours
l'exception qui confirme la regle en la présence d'un V12 MATRA :-)))) Pour vous
donner une idée, même le carrelage reprente l'embleme du Cavallino.
La piste est superbe, très très propre, ça monte et ça decend, principalement de
la grande courbes, pas de gros freinage et surtout des rails de sécurité partout
:-((.
Ce circuit ne paraît pas très difficile techniquement mais il faut bien tout enrouler pour au final finir par affoler la pendule :-) De toute manière il est inutile de prendre des risques inconsidérés, une sortie de piste dans ces conditions pourrait être lourde de conséquences ...(fort heureusement personne n'aura la mauvaise idée d'y aller trop fort).
Après une petite attente afin que tout le monde soit fin prêt, on nous lâche enfin sur la piste afin de découvrir gentiment, je dois reconnaitre que je m'élance un tantinet angoissé, je ne sais pas du tout comment fonctionne ce petit CR.
Les premiers mètres vont me rassurer, la moto manque de puissance mais elle arrive quand même à emmener la longue démultiplication.
Ces premiers tours sont vraiment surprenants, je découvre non seulement le circuit mais aussi la moto, heureusement qu'il n'y a pas de trop gros freinage car elle ne freine tout simplement pas. En fait c'est bien beau de remonter des pièces sorties du grenier, mais il faudra quand même attendre que les plaquettes s'usent correctement avec les disques. Les pneus de routes m'amènent également leurs lots de surprises, ils se mettent à dribbler assez fort avant de décrocher, mais c'est surtout que je trouve qu'il finissent par vite dribbler :-)), les suspensions sont beaucoup trop fermes (elles étaient initialement réglées pour une utilisation en slick) et pour finir je tire trop court.
C'est bien beau tous ces fallacieux prétextes, mais je dois reconnaître que je suis un peu perdu, même si la petite 250 ne va pas bien vite, mes gestes et mes réflexes sont tout aussi rouillés que le reste de la moto :-))
Après deux petites séries, il est tant de se sustenter auprès du buffet froid gentiment installé par nos organisateurs de choc, où les tartes à l'italienne se partagent les plateaux avec assiettes anglaises et plateau de fromage (suis je reste dans le ton Bardinon ?, ca presente tout de même mieux que pizza, cochonnaille et frometon :-))
Bon on reprend les hostilités en début d'après midi, ce qui est très rigolo, c'est que lorsque Sam ou Kali prennent un groupe de rookie pour leur sucer la ...(pardon) roue, le groupe, au lieu d'être bien à la queue (décidement) leu leu derrière l'instructeur, forme une espèce de troupeau difforme digne de la belle époque du Far West :-)
Bon mine de rien tout le monde commence à astiquer sauvagement la poignée, mais nous serons coupés dans notre slan sur le coup de 4 heures par un violent orage. Je trépigne un peu, j'ai quand même la meule pour faire le guignol dans ces conditions, mais Arno me trouvera tous les mauvais prétextes pour ne pas me lâcher (genre, y a pas de commissaires, ((m'en fout moi :-)))
Pour le repas du soir, Jihem, après sa rencontre avec le Rocco du moto club local, nous invite à choisir une autre destination que le BBQ et vu que le temps ne se prête pas a ce genre de délectation champêtre, on finira par investir un typique restaurant italien dont la spécialité est la fondue creusoise et je laisse à Moulinex le soin de vous décrire ce mets délicieux.
Ils ont quand même été bien gentils de nous accepter, le repas se déroule au milieu de nos histoires d'anciens et de jeunes combattants et je dois reconnaître qu'on a très peu parler de crochet et point de croix :-))
Tout ca c'est bien beau, mais on n'a pas fait beaucoup de moto et encore grâce a Jean-Yves, Arno, Fabrice et Jihem, on peut remettre le couvert samedi matin sur la piste, alors j'en ai profité pour faire un petit tour avec les motos des autres.
Après m'être chauffé une série avec le CR, j'en profite pour passer aux choses séérieuses avec la moto de Kali, c'est bien beau de vouloir essayer une moto de course, mais j'ai oublié l'essentiel, je me suis un peu laisse aller ces derniers jours et je rentre à grand peine dans ma combinaison, et Ludo en sera quitte pour me passer la jambe de l'autre coté de la moto :-))). Je démarre tranquillement et la moto est tout à fait utilisable et j'attends la fin du premier tour pour passer la barre des 6/7000 trs. Là, par contre ca commence a souffler, rien de bien renversant, mais le virage en bout de ligne droite me saute au visage et puis il y a cette sensation de sûreté que procurent les slicks, c'est pas énorme non plus, mais on se sent plus à l'aise. Après 3 ou 4 tours de bonheur, je redonne a César ce qui lui appartient non sans une certaine amertume (j'aurai bien continué comme ca :-)))
Je peux tout de suite faire le parallèle avec la moto de Ludo qui est complètement standard à part les pots et la puce, c'est juste un peu moins bien partout, mais bougrement efficace.
Je finirai ma matinée par faire le commissaire de piste, tout s'est bien passé, autant ne pas forcer le destin :-)))
Bon j'en ai enfin fini avec le CR, alors encore un grand merci à tout le monde, tout s'est bien passé et un grand coup de chapeau à nos organisateurs, vous avez placé la barre très haut.
Cyril