Compte rendu du W D C par Christophe Rochet
10/11 Octobre 1998. Opération WDC. Carnets de bord.
Jour 1:
13 heures 30 (GMT+1).
Non, je ne devais pas avoir peur. Normalement, les Ducatistes étaient nos
alliés, mais pouvait-on réellement se fier aux services de renseignements
du Colonel François ? J'allais peut-être tomber dans une embuscade, à 10
contre 1, sans espoir de retour.
J'avais télégraphié au QG les coordonnées d'un point de jonction avec un
commando de Ducatistes, mais arrivé sur place, personne. Ca n'augurait
rien de bon. Et s'ils étaient tombés sur une patrouille de Kawaninja, ou
pire, un inspecteur du Service des Mines? Et puis merde, j'étais un
Survivant, un Des Derniers, de ceux qui avaient encore le bicylindre dans
le bon sens. Avec "Mister Diplo" et ses deux PMH40 à répétition, je
pouvais encore tenir quelques jours et en amener plus d'un à la raison.
Alors j'ai pris ma décision: je suis parti seul.
16 heures (GMT+1).
R.A.S, temps maussade depuis deux cent kilomètres. Pas d'hostiles en vue,
j'avance toujours à découvert. Quelques habitants me regardent passer,
l'oeil soupçonneux. Un engin pareil par ici, c'est inhabituel. Aucun
milicien Verdâtre ou Jaunâtre ne monte la garde et ne donne l'alerte. Je
poursuis ma route tranquillement.
17 heures (GMT+1).
Un spot dans le paysage. Rouge. Un rapide de type 888SP5. Enfin un
Ducatiste ! Ca fait plaisir de voir un Allié, je commençais à douter de la
réalité de nos forces. Il doit avoir un problème, puisqu'il est arrêté !
Non, il reprend des forces et laisse refroidir la mécanique. J'apprendrai
plus tard qu'il se remettait à peine de blessures infligées par une Verte
de calibre 125 : pas beaucoup de puissance d'arrêt, mais de gros dégâts à
faible distance. Une vraie saloperie, même maniée par un gamin. Je
m'arrête un peu plus loin à couvert et je l'attends. On échange les mots
de passe opérationnels:
- "Moi, c'est Loris. Mort aux Jaunes".
- "Moi, c'est Chris. Fuck les Verts".
Pas de doute, c'était bien l'un des nôtres !
- "Tu as les coordonnées du contact ?"
- "Oui, j'ai une copie des informations collectées par le QG"
- "Tu n'as pas d'équipement de bivouac ?"
- "Non, on verra sur place".
18 heures (GMT+1).
Arrivée à Cromoly, également connu sous les appellations de Crocomby,
Kromagnon, Verkoïansk. La résistance locale à fait disparaitre tous les
panneaux indicateurs, si bien que Loris me perd et arrive par une autre
route. Je le note mentalement: un très bon navigateur, ce 888SP5.
Parfait, ça pourra toujours servir le cas échéant. Le bâtiment est
massif, bien situé pour couvrir le vallon, avec de petites ouvertures
bien réparties. Ca va être du gâteau à fortifier et à tenir !
18 heures 30 (GMT+1).
Un second spot rouge, accompagné d'un gros véhicule blanc. Identification
rapide, ça se confirme : c'est le Général Pierre "Moustache" et un
transport de troupe/ravitailleur. Cette fois, plus rien à craindre,
puisque nous avons du renfort en hommes, en femmes, en matériel et en
munitions. Nous installons le bivouac et nous nous préparons à accueillir
les autres Ducatistes et Guzzistes de l'opération WDC.
20 heures (GMT+1).
Le Colonel François "Nice Giant" est en approche sur son Quota 1000. Un
modèle un peu ancien, moins puissant que "Mister Diplo", mais d'une
solidité à toute épreuve, capable d'encaisser les impacts routiers et les
charges les plus sévères. Ce type d'engin a de plus l'étonnante faculté
d'être invisible aux détecteurs Jaunes, Verts et Bleus. Même au beau
milieu d'un escadron de chasseurs Kawaninja, il ne risque rien, personne
ne le remarque. C'est un véhicule furtif.
L'attente commence, rendue moins pénible par une Thart'Hiflet mitonnée de
main de maître par la Cantinière en Chef. Un peu de chaleur et de
réconfort dans ce perpétuel champs de bataille peuplé d'ennemis
impitoyables Verts, Jaunes et Bleus... Un rare et précieux moment de
détente pour nous les Rouges, ultimes détenteurs de la Vérité après la
déroute ou la quasi-collaboration des Britons et des Teutons.
23 heures (GMT+1).
François "Nice Giant" et Loris "Navigator" commencent à élaborer une
stratégie pour résister au froid qui nous gagne. J'avais amené avec moi
deux cartouches thermiques de forte puissance, l'une fabriquée dans le
Nord Extrème, l'autre dans le Grand Sud. Nous décidons de percuter
l'Akvavit, et le traitement commence à faire son effet presque
immédiatement. Vers 1 heure du matin, je vais m'assoupir quelques heures,
les autres montent la garde.
Jour 2:
5 heures 30 (GMT+1).
Alerte: Le pilote du 888SP5 est en surcharge ! Il a voulu tenir l'Akvavit
aussi longtemps que le Colonel François sans en avoir la force. C'était
couru d'avance : François "Nice Giant" est un vieux briscard à qui on ne
la fait pas, qui n'en est pas à sa première cartouche venue du Nord
Extrême, et qui ne va pas se faire donner des leçons par un jeune pilote
de rapide, même de 888SP5. Loris "Navigator" est devenu Loris "Titubator"
puis très rapidement Loris "Dégueulator". Dans un écoeurant bruit de
tripaille répandue, j'essaye de profiter de mes dernières minutes de
repos.
14 heures (GMT+1).
Les participants de l'opération WDC sont presque tous là. Une très belle
formation de chasseurs 916, 900, 748 et même un rarissime 944 monté en
bombardier lourd à long rayon d'action. L'intégration de "Mister Diplo",
d'un second 1100S et du Quota à la formation est exemplaire.
16 heures (GMT+1).
Départ pour une reconnaissance vers le Lac des Sapins. C'est une zone
infestée de Kawaninja et de Bleus mais nous ne risquons rien. Le temps
est encore maussade, avec un plafond vers 2000 pieds et un terrain
humide. Montée progressive en température des machines et des pilotes, et
arrêt ravitaillement pour un dernier briefing. Deux Kawaninja font un
passage à distance respectueuse, sans chercher l'accrochage.
17 heures (GMT+1).
Remise en route des machines. La formation se scinde en deux groupes: les
tarlouzes qui rentrent chez maman, et un groupe de chasse composé du
Général Pierre "Moustache", de Gilles "Silent" Superlight, de Fabrice
"Seagull" Mostro et de moi-même. On va maintenant entrer dans le vif du
sujet ! Le terrain est variable, mais permet quelques évolutions bien
senties à allure normale. La 916 est intouchable, c'est une question de
système d'armes. Le 900 Superlight semble facilement à portée, mais nous
ne sommes qu'en mission de reconnaissance. Le 900 Mostro est déposée sans
difficulté, c'est normal. Aucun adversaire en vue, nous occupons le
terrain sans rencontrer de résistance.
20 heures (GMT+1).
Briefing complet après le retour à la base. Perception des rasquettes et
en particulier d'une succulente terrine arrosée d'un p'tit jaja local pas
dégeu du tout. Loris "Dégeulator", qui a partiellement recouvré l'usage
de la parole et de ses membres, nous confirme que ça ne sera pas pour ce
coup-là. Il a bien été descendu en flamme, mais pas par un Jaune, un Vert
ou un Bleu. Ce sont les dures lois de la guerre, et nous en rigolons
quand même. Pendant des heures, j'essaye d'expliquer a quelques
Ducatistes attentifs que leurs moteurs ont été montés de travers, avec 90
degrés de site d'erreur par rapport à la position idéale, mais sans
succès. Peu importe, seule l'efficacité compte. La soirée et la nuit sont
calmes. Pas d'alerte ce soir.
Jour 3.
10 heures 30.
Lever en prévision d'un départ anticipé. Je dois décrocher de l'opération
WDC pour me rendre à un autre contact sur Lyon.
Relevés photographiques de la formation, remerciements et remise en route
en terrain maintenant nettoyé.
18 heures 30.
Départ vers la base d'Antony (92) par le plus court chemin. Le temps est
carrément orageux. "Mister Diplo" se comporte bien, si ce n'est un petit
problème dans le système de propulsion: voyant de point mort allumé quel
que soit la vitesse d'évolution. Premier arrêt de ravitaillement, je
retrouve Loris 888SP5 "Fulminator" qui vient d'encaisser un impact Bleu
de calibre 600 pour avoir franchi une ligne continue à une vitesse
inférieure à celle de la lumière. Il a été vu, cette mission n'était
décidément pas la sienne.
Je le laisse à ses déboires et je reprends ma route.
23h30.
Arrivée à la base d'Antony (92). Coupure du propulseur principal,
déchargement de la soute à bagages. Bonne tenue du système électrique
malgré 350 Kilomètres de navigation dans l'eau. Aucune Jeannine ne s'est
approchée suffisemment pour passer en visuel. Mission accomplie.
Chris&Diplo@De_nos_jours_les_avions_roulent_sur_deux_roues